Les deux premiers tournois internationaux de la saison ont livré deux visages très différents de la compétition. À Masters Santiago, deux équipes du Pacifique se sont retrouvées en finale. À Masters London, c’est une équipe des Amériques venue des lower brackets qui a fini par soulever le trophée. De quoi se demander qui, du Pacifique ou des Amériques, tire vraiment son épingle du jeu cette saison.
En cumulant toutes les rencontres inter-régionales des deux tournois, les Amériques affichent un bilan de 15 victoires pour 12 défaites en séries face aux équipes internationales. Le Pacifique suit avec 13 à 7, devant l’EMEA à 7 à 9 et la Chine largement distancée avec un bilan de 4 à 11.
Leviatán sauve la mise des Amériques à Londres
Si les Amériques dominent au global, c’est surtout grâce à leur profondeur d’équipe. La région a signé le plus grand nombre de victoires en séries inter-régionales de toutes, avec quinze succès, deux de plus que le Pacifique. Elle a aussi disputé le plus de rencontres, vingt-sept séries au total, sept de plus que le Pacifique.
Cette profondeur s’est particulièrement vue à Masters Santiago, où NRG et G2 Esports ont toutes deux terminé dans le top 4, avec un bilan identique de 4 victoires pour 3 défaites face aux autres régions. À l’inverse, FURIA, tête de série numéro un grâce à sa victoire à l’Americas Kickoff, n’a remporté aucune série contre une équipe internationale.
À Londres, le scénario s’est répété pour G2 Esports. Directement qualifiée pour les playoffs, l’équipe s’est fait éliminer dès son entrée en lice, battue par Xi Lai Gaming (XLG) puis par FUT Esports. Même sort qu’à Santiago pour une tête de série. NRG, de son côté, n’a décroché qu’une seule victoire internationale avant de chuter dès le stage suisse.
C’est finalement Leviatán qui a porté la région, avec l’un des parcours de lower bracket les plus spectaculaires du tournoi : cinq victoires consécutives en élimination directe, avant de conclure la finale au terme d’une série complète en cinq cartes. Sur l’ensemble de Masters London, Leviatán affiche un bilan de 6 victoires pour 1 défaite, quand NRG et G2 Esports cumulent respectivement 5 à 4 et 4 à 5 sur les deux Masters.
Le Pacifique porté par deux locomotives
La force du Pacifique est nettement plus concentrée que celle des Amériques. La majeure partie de ses succès internationaux repose sur deux équipes seulement plutôt que sur l’ensemble de sa formation.
La région a été la grande vedette de Masters Santiago, où Nongshim RedForce a remporté le tournoi et où Paper Rex (PRX) a terminé deuxième. Les deux équipes ont enchaîné les victoires face à des adversaires internationaux pour décrocher leur place en finale.
À Londres en revanche, aucune équipe du Pacifique issue du stage suisse n’a réussi à se qualifier pour les playoffs. Seule PRX a représenté la région en playoffs, via une invitation directe, et l’équipe a tout de même atteint une nouvelle finale.
Résultat, le Pacifique affiche un solide taux de victoire de 65 % en séries inter-régionales, reflet d’un haut du tableau extrêmement compétitif. Sur les 13 victoires remportées par la région contre d’autres zones, 12 proviennent de Nongshim RedForce (3 victoires) et de Paper Rex (9 victoires). La dernière revient à T1, qui a battu l’équipe chinoise EDward Gaming (EDG).
La Chine, seule région sous les 30 % de victoires
La Chine signe la performance la plus faible de la saison jusqu’ici. Son meilleur résultat vient d’EDward Gaming, championne de VALORANT Champions 2024, troisième à Masters London, suivie de Xi Lai Gaming (XLG), classée 5ème-6ème sur le même tournoi.
C’est déjà une nette progression par rapport à Santiago, où les deux équipes avaient été éliminées dès le stage suisse sans remporter la moindre série. La région traîne un taux de victoire en séries de 26,7 % et un taux de victoire en rounds de 41,6 % sur l’ensemble de la saison.
- XLG a contribué deux victoires internationales pour la Chine
- EDG a ajouté une victoire
- All Gamers a apporté une victoire
- Dragon Ranger Gaming n’a remporté aucune série
Même son représentant tête de série à Santiago a souffert à l’international : All Gamers, directement envoyée en lower bracket, a été éliminée dès le deuxième round de celui-ci, ne remportant qu’une seule série contre d’autres régions.
Au total, la Chine termine à 4 à 11 en séries inter-régionales sur les deux Masters, pour un taux de victoire de 26,7 %. C’est la seule région à finir sous la barre des 30 % à la fois en séries et en cartes.
L’EMEA, une région à part dans les statistiques
L’EMEA se distingue comme une anomalie statistique quand on la regarde à travers les indicateurs globaux. Son taux de victoire en rounds de 49,0 %, son taux en cartes de 48,7 % et son taux en séries de 43,8 % dressent le portrait d’une région dans la moyenne, ni dominante ni dépassée.
Là où l’EMEA se démarque en revanche, c’est sur sa représentation en playoffs : cinq de ses six représentants se sont hissés en phase finale, un signe que la région pèse davantage sur la durée qu’un simple bilan de séries ne le laisse penser.
Reste que le tableau global confirme une hiérarchie assez nette à l’entame de VALORANT Champions 2026 : les Amériques devant grâce à leur profondeur collective, le Pacifique juste derrière porté par ses locomotives, l’EMEA dans un entre-deux difficile à lire, et la Chine clairement en retrait sur l’ensemble des deux Masters.

