Grand Theft Auto V existe depuis 13 ans et continue de truster les classements de ventes des années après sa sortie initiale. Le jeu est paru sur trois générations de consoles, s’est écoulé à 230 millions d’exemplaires et a généré plus de 10 milliards de dollars de revenus. Des chiffres qui placent le jeu dans une catégorie à part, aux côtés de références comme Minecraft ou les innombrables versions de Tetris.
Mais ces chiffres n’expliquent pas pourquoi Grand Theft Auto V continue de se vendre par vagues entières plusieurs années après sa sortie. Pour comprendre ce qui a fait tenir le jeu aussi longtemps, il faut regarder du côté de sa carte et de ses personnages.
Los Santos, une carte à part dans la série
Là où Liberty City, dans Grand Theft Auto IV, proposait un environnement dense, de taille modeste et entièrement urbain, Los Santos dans Grand Theft Auto V adopte une identité radicalement différente. La ville reste plus étendue et plus variée que Liberty City, et la carte s’étend bien au-delà de Los Santos elle-même.
Le jeu se déroule dans une ville découpée en plusieurs quartiers aux ambiances très distinctes : les résidences cossues de Vinewood Hills et Richman, le strass de Vinewood, les ruelles de bord de plage de Vespucci et les quartiers populaires de South Los Santos.
Hors de la ville, la campagne qui entoure Los Santos comprend désert, forêt, montagnes et plusieurs petites villes disséminées sur la carte. Cet ensemble reprend en réalité la partie sud de la carte de Grand Theft Auto: San Andreas, celle qui comprenait déjà Los Santos et le mont Chiliad, mais considérablement agrandie. Résultat : la carte de Grand Theft Auto V est plus de deux fois plus grande que celle de Grand Theft Auto: San Andreas dans son intégralité.
Un chiffre à nuancer tout de même : il n’est pas possible de se rendre à des villes équivalentes à San Fierro ou Las Venturas dans Grand Theft Auto V, puisqu’elles sont tout simplement absentes de la carte. Le Los Santos de Grand Theft Auto: San Andreas se situait en 1992, une époque bien différente de celle dépeinte des années plus tard.
Trois protagonistes, un switch qui change tout
L’innovation la plus marquante de Grand Theft Auto V reste son trio de protagonistes jouables. Michael De Santa est un ancien criminel retraité qui s’ennuie ferme dans son confort suburbain. Franklin Clinton est un petit escroc qui cherche le gros coup capable de le sortir de son quartier. Trevor Philips, lui, est un psychopathe canadien, ancien associé de Michael, aussi imprévisible que violent.
Le concept n’est pas entièrement nouveau pour la série. Après la sortie des extensions solo The Lost and Damned et The Ballad of Gay Tony, Grand Theft Auto IV proposait lui aussi trois protagonistes. Mais la comparaison s’arrête là : il était alors impossible de passer de l’un à l’autre en temps réel, il fallait mettre le jeu en pause et charger chaque extension séparément.
Dans Grand Theft Auto V, le changement de personnage est quasi instantané. Un bref zoom arrière, puis un zoom avant, et le joueur se retrouve dans la peau d’un autre protagoniste en pleine action. Une mécanique simple sur le papier, mais qui a permis à Rockstar d’exploiter une carte aussi dense sans jamais reposer sur un seul point de vue.

