The Witcher 3: Wild Hunt Remastered sera disponible le 29 septembre, et le studio promet bien plus qu’une bête montée en résolution. Le jeu original avait été lancé en 2015, avant de recevoir une première mise à jour en décembre 2022, principalement cosmétique pour les consoles de nouvelle génération. Cette fois, CD Projekt Red vise beaucoup plus large.
Le remaster sera gratuit pour les joueurs, et touche à peu près tout ce qui pouvait donner un coup de vieux au jeu : le combat, la traversée du monde, la gestion des montures, le comportement des monstres, les signes, l’arbre de compétences et le mode photo sont tous revus en même temps.
Un remaster pensé comme une vraie mise à jour 2.0
C’est Paweł Sasko, quest designer sur le jeu original et aujourd’hui associate game director chez CD Projekt Red, qui a détaillé la philosophie du projet lors d’un entretien accordé pendant la Gamescom 2026. Selon lui, le studio a directement réutilisé le travail effectué sur la mise à jour 2.0 de Cyberpunk 2077, en appliquant les mêmes principes de design de RedEngine 4 à RedEngine 3, le moteur de The Witcher 3.
Après avoir travaillé sur la mise à jour 2.0 de Cyberpunk, quand on pense à ce remaster, c’est presque comme un remaniement complet [pour The Witcher 3]. On a appliqué à RedEngine 3 les mêmes principes de design qu’on a tirés de RedEngine 4 sur Cyberpunk. On a analysé ce qui agaçait le plus les joueurs, comme l’exploration, le contrôle des déplacements de Geralt, et l’absence de coups de grâce. Tout ça a été corrigé, et c’est ce qui change le plus la façon dont le jeu se joue.
– Paweł Sasko, associate game director chez CD Projekt Red
Les problèmes visés sont donc précis : l’exploration jugée fastidieuse, des contrôles de déplacement datés, et l’absence de finishers dignes de ce nom. Rien de spectaculaire sur le papier, mais ce sont exactement les points qui reviennent depuis dix ans dans les critiques du jeu.
Remake, remaster, resynced : le grand flou des étiquettes
Le cas de The Witcher 3 tombe au milieu d’un paysage où les termes utilisés pour désigner ces re-sorties n’ont plus vraiment de sens commun. Black Flag a reçu le label Resynced, Halo celui de Campaign Evolved, Gears of War celui de Reloaded, sans compter Oblivion Remastered, Dead Space ou Tony Hawk’s Pro Skater 3+4. Six jeux, six étiquettes différentes, et aucune garantie claire sur ce que le joueur achète réellement au-delà du nom.
Oblivion Remastered illustre bien ce flou : le jeu a reçu un combat révisé, un système de niveaux révisé, des déplacements révisés, le tout sur un mélange d’Unreal Engine 5 et du moteur Gamebryo d’origine, en co-développement entre Bethesda et Virtuos. Difficile de dire si l’étiquette « remaster » suffit encore à décrire l’ampleur du travail.
À l’inverse, Gears of War: Reloaded reste classé comme un remaster tout court, tandis que Dead Space (2023) est bien identifié comme un remake. Tony Hawk’s Pro Skater 3+4, lui, se présente comme un simple package deal regroupant deux jeux. Autant de cas de figure différents pour des re-sorties qui coûtent toutes, ou presque, dans les mêmes eaux.
Halo: Campaign Evolved, le mauvais élève de la bande
Halo: Campaign Evolved se présente comme un remake, avec trois missions prequel inédites, une nouvelle direction artistique et du contenu cosmétique réservé à certaines éditions. Le jeu est vendu 50 dollars, quand les remasters récents tournent plutôt autour de 60 dollars.
Détail qui pèse dans la balance : Halo Studios travaille déjà sur le prochain titre de la série, développé sur un tout nouveau moteur. Autrement dit, les ressources consacrées à ce remake de la campagne arrivent à un moment où le studio a manifestement d’autres priorités sur le feu.
Entre ces différentes approches, The Witcher 3: Wild Hunt Remastered se distingue par une intention affichée clairement dès le départ : corriger ce qui gênait vraiment les joueurs, sans toucher à ce qui faisait tenir le jeu debout. Une philosophie qui tranche avec des re-sorties où l’étiquette semble parfois choisie avant même que le contenu soit défini.
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