Lancé il y a environ un an, Arc Raiders est devenu l’un des meilleurs générateurs de revenus de Nexon, l’éditeur du jeu développé par le studio Embark. Un succès qui n’a pourtant pas empêché son producteur exécutif, Aleksander Grøndal, de dresser un bilan sans concession des premiers mois de vie de cet extraction shooter, lors d’une interview donnée à Gamescom 2026.
Des mises à jour mensuelles qui ont fini par tout casser
À sa sortie, l’équipe d’Arc Raiders s’était fixé un objectif ambitieux : livrer des mises à jour tous les mois. Un rythme qui s’est très vite révélé intenable.
La transition vers le live service allait être vraiment difficile. Tout le monde me l’avait dit. Je l’ai moi-même dit à d’autres. J’étais préparé mentalement à ce que ce soit dur, mais je n’étais pas complètement préparé à quel point ce le serait.
– Aleksander Grøndal
Le producteur explique que la méthode de travail classique du développement d’un jeu, construire, tester, corriger, mesurer les résultats jusqu’au lancement, ne collait plus une fois le jeu sorti et les attentes des joueurs à leur maximum.
Quand vous construisez un jeu jusqu’au lancement, vous construisez, vous testez, vous corrigez et vous mesurez les résultats. C’est comme ça qu’on a toujours fabriqué nos jeux, mais maintenant que les attentes des joueurs sont si élevées, on sent qu’on ne peut vraiment pas aller plus vite.
– Aleksander Grøndal
Résultat : une équipe épuisée, incapable de suivre la cadence promise.
L’équipe est super fatiguée. On sort du contenu aussi vite qu’on peut mais ce n’est pas suffisant, et ce n’était peut-être pas forcément assez intéressant non plus. Je suis fier de ce qu’on a accompli durant les quatre premiers mois de l’année, mais en même temps, je pense qu’il faut être honnête sur certains impacts de tout ça.
– Aleksander Grøndal
Grøndal pointe aussi le poids invisible de la maintenance d’un jeu en ligne, entre correctifs de bugs et gestion des exploits, qui grignote le temps censé être consacré au nouveau contenu.
On n’avait pas le temps. Il y a aussi tout le coût du simple fait de maintenir le jeu, avec l’implémentation des correctifs, des exploits et d’autres contraintes. On dépassait constamment notre capacité, donc c’était difficile de planifier quoi que ce soit avec autant de choses à faire.
– Aleksander Grøndal
Le virage de mai : place aux grosses mises à jour biannuelles
Face à ce constat, l’équipe d’Arc Raiders a fini par abandonner publiquement, en mai, le modèle des mises à jour mensuelles au profit d’ajouts plus conséquents mais espacés de six mois. L’idée : retrouver le rythme de travail d’avant le lancement, celui qui avait justement fait le succès du jeu.
Finalement, on s’est demandé pourquoi on faisait ça. Tout indiquait qu’on faisait mieux les choses avant la sortie du jeu, donc il faut qu’on joue sur nos points forts […] et ce qu’on produira sera meilleur, plus intéressant et de meilleure qualité sur tous les plans. Ça nous donne aussi le temps de régler les choses au lieu de juste enchaîner les sorties. On peut vraiment itérer.
– Aleksander Grøndal
Un vétéran de Battlefield qui connaît le burnout de l’intérieur
Le témoignage de Grøndal résonne particulièrement au vu de son parcours. Le producteur a passé quinze ans chez Electronic Arts, où il a travaillé sur les séries Battlefield et Star Wars: Battlefront. Une expérience qui l’a personnellement confronté à l’épuisement professionnel : il a dû prendre un congé maladie de cinq mois après s’être littéralement effondré pendant le développement d’un jeu Battlefield.
C’est terrible. Je ne le recommande à personne. En plus, ça veut dire qu’on perd de bons éléments qui peuvent être absents pendant très longtemps.
– Aleksander Grøndal
Ce qui attend les joueurs d’Arc Raiders
Le studio n’a pas dit son dernier mot côté contenu. Embark teste actuellement un mode PvE pour Arc Raiders, une concession aux joueurs qui répugnent à s’entretuer, tandis que le jeu s’appuie désormais sur Denuvo Anti-Cheat pour lutter contre la triche. Côté calendrier, le jeu recevra désormais des mises à jour majeures tous les six mois, et la prochaine du genre embarquera la plus grande carte jamais proposée dans Arc Raiders.
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