Riftbound n’a pas attendu longtemps pour attirer les grosses structures. Avec le lancement de Vendetta, le jeu de cartes de Riot Games voit débarquer des organisations habituées aux jeux compétitifs classiques, tandis que des initiatives communautaires plus modestes tentent d’apporter leur propre lecture du format. Parmi elles, le tournoi Nations Clash, créé par l’organisateur français Leeroy Stinson, qui mise sur des équipes nationales et un format pensé pour les spectateurs.
Le tournoi progresse actuellement dans ses phases de groupes, et il a déjà livré son lot de rebondissements, entre la Pologne qui enchaîne les victoires et l’Espagne qui revient de très loin.
Les grosses structures débarquent sur Riftbound
T1 a fait son entrée sur Riftbound en signant des joueurs, et l’organisation a même mis en place son propre LGS (Local Game Store), une démarche pensée pour ancrer sa présence à l’échelle communautaire plutôt que purement esport. EDG a suivi le mouvement en signant elle aussi des joueurs.
D’autres structures misent sur leurs propres compétitions internes. Gen.G organise ses propres événements Riftbound avec des prix à la clé, tout comme Cloud9, qui fait de même de son côté.
Nations Clash, transformer un jeu solo en compétition d’équipes
C’est dans ce paysage en pleine ébullition qu’intervient Leeroy Stinson, un organisateur français à l’origine du tournoi Nations Clash. Son idée de départ : réunir des équipes à identité nationale, avec des communautés et joueurs déjà reconnus dans le jeu de cartes, pour un format en ligne pensé pour être suivi facilement par les spectateurs.
J’aime la compétition. Ce jeu de cartes, j’y suis au moins correct. Mais le problème, c’est que ce n’est pas un jeu d’équipe. Alors très vite, je me suis demandé comment en faire un jeu d’équipe.
– Leeroy Stinson (@leeroy_stinson)
Leeroy Stinson n’est pas un inconnu dans l’écosystème Riot. Il a auparavant travaillé avec des équipes de la VCT Game Changers, notamment avec EMUs, qui a réalisé un run en Contenders en 2025 en atteignant les demi-finales de son groupe. Le programme Game Changers vise à aider les joueuses et les personnes de minorités de genre à percer au plus haut niveau, et cette philosophie semble avoir déteint sur Nations Clash : les équipes nationales de l’ENC alignent désormais des rosters mixtes.
Pour Leeroy Stinson, transformer un jeu qui reste largement individuel en compétition collective permet surtout de raconter des histoires différentes.
Quand vous soutenez votre pays, vous vous impliquez bien plus que vous ne le feriez probablement pour un simple joueur. C’est le genre d’histoire que ce tournoi peut raconter, et que les qualifications régionales ne peuvent pas.
– Leeroy Stinson (@leeroy_stinson)
On peut écrire des histoires qui n’existeraient pas avec un simple jeu en 1 contre 1, parce qu’il est bien plus difficile de s’identifier à un seul joueur. Vous pouvez être fan de ce joueur, mais c’est dur de s’y reconnaître. Alors qu’avec une équipe, c’est toujours plus facile.
– Leeroy Stinson (@leeroy_stinson)
L’Omega Draft, le format qui force la confrontation
Riftbound reste largement un jeu en 1 contre 1, même si un mode 2v2 commence à prendre de l’ampleur, notamment lors des Regional Qualifiers, aux côtés d’un mode FFA (Free For All) plus décontracté. L’essentiel de la scène compétitive tourne toutefois autour des séries en 1v1 en best-of-three, une formule qui reste une expérience très solitaire.
C’est précisément ce que Nations Clash cherche à contourner grâce à son format baptisé Omega Draft. Le principe repose sur un système de snake draft dans lequel chaque équipe dispose d’un ban, retirant ainsi huit légendes du pool disponible avant même le début des picks. Les sélections s’enchaînent ensuite en ordre inversé à chaque tour, pour équilibrer la priorité entre les équipes tout au long du tournoi. Résultat concret : sur l’ensemble de la compétition, 48 des 49 légendes disponibles finissent par être piochées ou bannies, ce qui pousse chaque équipe à composer ses decks en fonction des rares légendes qu’elle sait être amenée à croiser.
Les précédentes éditions de Nations Clash s’appuyaient sur une structure en King of the Hill, où perdre une partie élimine directement le joueur du round en cours. Une mécanique pensée dès le départ pour favoriser les scénarios de comeback.
Je voulais qu’il y ait la possibilité d’un héros national qui revienne de nulle part et retourne la situation contre l’équipe adverse. Du point de vue de l’écriture d’une histoire, c’est incroyable.
– Leeroy Stinson (@leeroy_stinson)
Le format a d’ailleurs déjà tenu ses promesses. Yehosera, joueur de l’équipe du Royaume-Uni, a construit son deck autour de Leona, et cette liste a suffi à contrer Lucian. Ce contre n’a toutefois pas suffi à sauver l’équipe, battue malgré tout.
Dure journée pour le Royaume-Uni hier. Ils ont quand même réussi à battre la boucle infinie, donc c’est une victoire pour tout le monde. Une mention spéciale à Yehosera et son deck Leona. Du beau brewing.
– Leeroy Stinson (@leeroy_stinson)
La Pologne enchaîne, l’Espagne revient de loin
Au moment de l’écriture, les phases de groupes de Nations Clash touchent à leur fin. Team Poland, constituée via un processus de sélection par un comité national, s’impose comme l’une des équipes à suivre. Elle a battu tour à tour l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, cette deuxième victoire étant particulièrement remarquée puisque la ligne espagnole comptait sur la présence de Team Micellion dans son alignement.
Grâce à sa victoire sur l’Italie, la Pologne qualifie l’Espagne pour les demi-finales, où elle affrontera les États-Unis dès demain, après être revenue d’un déficit de 0 à 2 en début de tournoi. La Pologne, de son côté, affrontera la Belgique le 12 août.
Avec cette victoire sur l’Italie, la Pologne qualifie l’Espagne qui revient d’un déficit de 0 à 2, et comme c’était écrit, elles affronteront les États-Unis en demi-finale du Riftbound Nations Clash demain. Pologne contre Belgique, ce sera le 12, ne manquez pas ça !
– Leeroy Stinson (@leeroy_stinson)
Team Micellion, l’une des formations espagnoles les plus récentes, s’appuie notamment sur Xtacio et Pedro B. Ce dernier s’est fait remarquer pour son pilotage invaincu d’Azir sur deux Regional Qualifiers, tandis que Xtacio reste un habitué des séries et des tops huit.
Du côté américain, Challenger TCG, qui représente Team USA dans le tournoi, affiche également une belle forme, une dynamique utile pour ses joueurs à l’approche de la RQ Barcelona, prévue dans quelques semaines.

