Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

« Sous respirateur artificiel » : la scène féminine de Counter-Strike 2 vacille

« Sous respirateur artificiel » : la scène féminine de Counter-Strike 2 vacille

Le 8 août 2026, Mayline « ASTRA » Champliaud a annoncé sa transition de Counter-Strike vers les esports VALORANT. Une nouvelle qui a fait grand bruit, puisque la joueuse vient d’être désignée Women’s Player of the Year 2025 par HLTV. Elle justifie son choix par « les récentes nouvelles de l’effondrement du CS féminin et le manque de tournois à venir ».

Neuf jours plus tard, c’est toute l’équipe féminine de FURIA, pourtant championne de l’ESL Impact League Season 7, qui a basculé en intégralité vers VALORANT. Deux départs coup sur coup, et la scène titube déjà sous le poids de cet été noir.

Une communauté sous le choc

Zainab « zAAz » Turkie, ancienne joueuse d’Imperial Female, a réagi publiquement à ces annonces. Compétitrice depuis vingt ans et présente dans l’esports depuis vingt-quatre ans selon ses propres mots, elle n’avait jamais vu une situation pareille.

De la qualification historique à la suspension

Les femmes ont toujours fait partie de l’écosystème Counter-Strike, en tant que compétitrices, membres de production ou fans. Mais c’est en 2022 que l’ESL Impact League a été lancée, pensée pour offrir aux femmes et aux autres genres marginalisés un espace de compétition sécurisé, avec un financement plus solide et un circuit structuré censé attirer les investissements des organisations esportives.

Le début de 2025 avait des allures de sommet pour la scène : Imperial Female est devenue la première équipe féminine à se qualifier pour l’IEM Katowice. Neuf mois plus tard seulement, l’organisateur ESL FACEIT Group (EFG) a annoncé la suspension indéfinie de l’ESL Impact League.

missharvey : « je n’ai jamais connu ça »

Stephanie « missharvey » Harvey occupe aujourd’hui le poste de Chief Operating Officer chez FlyQuest et dirige FlyQuest RED, une initiative qui regroupe trois rosters féminins répartis entre CS, League of Legends et VALORANT. Elle a commencé à jouer à Counter-Strike en 2003, est passée au coaching en 2019, et suit la scène féminine depuis plus de deux décennies.

Sur les raisons de la suspension de l’ESL Impact League, elle apporte un éclairage direct :

D’après ce qu’ils m’ont dit, ils veulent encore faire quelque chose à un moment donné. Mais ils ont de gros projets et doivent placer leurs priorités ailleurs. Ce format leur coûtait énormément d’argent. Ce n’était pas le format idéal selon moi pour la stabilité financière, pour être sûr que ça dure longtemps. C’était parfait pour nous, les compétitrices, mais sans investissements massifs de partenaires, ce n’était pas un circuit viable.

– missharvey

Elle insiste surtout sur un fait inédit dans son parcours :

J’ai commencé à jouer en 2003 à Counter-Strike, et c’est la première fois que je peux dire avec certitude qu’il n’existe aucun événement féminin prévu, annoncé ou attendu. Ça ne s’était jamais produit, parce qu’il y avait toujours au moins l’Electronic Sports World Cup, aujourd’hui connue sous le nom d’EWC. Ça se tenait au moins une fois par an. L’événement s’est arrêté en 2009, et on se demandait ce qui allait se passer. Il est revenu en 2010, un autre moment d’incertitude. Mais même après l’arrêt de 2009, il restait encore quelques événements régionaux ici et là pour les communautés féminines.

– missharvey

Elle conclut sur un constat sans détour : « Je suis pessimiste concernant le niveau international de compétition. Et c’est particulièrement déchirant, parce que Counter-Strike et l’Impact League vivaient l’une de leurs périodes les plus saines en matière de croissance des talents, de soutien et de stabilité. »

« Sous respirateur artificiel » : la scène féminine de Counter-Strike 2 vacille

Affinity : « un cercle vicieux »

La caster Leyna « Affinity » McQuillin a elle aussi opéré un virage vers VALORANT au début de l’année 2026. Elle a pourtant longtemps été l’une des figures les plus dévouées à la scène féminine de CS, ayant travaillé sur l’IESF Female World Esports Championship, plusieurs saisons d’ESL Impact et les événements ELITE FE. Aujourd’hui, elle continue de mettre en avant le CS féminin, mais principalement via des watch parties et du casting non rémunéré sur sa propre chaîne.

Son diagnostic sur l’état actuel de la discipline est sans appel :

Ça me tue de dire ça, mais je ne pense pas simplement que ça décline : je crois que c’est sous respirateur artificiel en ce moment. Depuis la fin de l’Impact League, il y a beaucoup moins de motivation pour les femmes à s’investir dans le CS compétitif.

– Affinity

Elle décrit un mécanisme qui s’auto-alimente et qui bloque toute reprise :

Il y a aussi un vrai cercle vicieux : sans tournois, aucune organisation ne veut signer d’équipes, mais parce qu’il n’y a pas d’équipes, personne ne veut organiser de tournois. Et sans grand tournoi facile à suivre pour mettre en avant ces femmes, la prochaine génération n’a plus rien à quoi aspirer, plus personne à qui s’identifier.

– Affinity

« Sous respirateur artificiel » : la scène féminine de Counter-Strike 2 vacille

Entre les départs de joueuses reconnues, la suspension du seul circuit international structuré et l’absence de tout événement féminin à l’horizon, la scène compétitive féminine de Counter-Strike 2 se retrouve à un point qu’elle n’avait, selon ceux qui la suivent depuis le plus longtemps, jamais atteint auparavant.

Laisser un commentaire

0.0/10

Inscris toi à notre newsletter

Pour ne rien manquer, et le tout, sans aucun spam !

This Pop-up Is Included in the Theme
Best Choice for Creatives
Purchase Now