C’est une opération d’une ampleur inhabituelle dans le milieu du jeu vidéo. En juin 2026, G.T.I. Security a soutenu une enquête visant un réseau criminel qui construisait, vendait et faisait tourner des cheats taillés sur mesure pour les serveurs Delta Force Global. Des mesures d’application de la loi ont suivi dans plusieurs lieux, avec saisie de logiciels de triche, d’équipements de développement et de matériel d’élevage de comptes.
Plus de 30 personnes liées au réseau sont désormais en détention, parmi lesquelles des studios qui vendaient des services de carry payants en s’appuyant sur ces logiciels. L’enquête, elle, reste en cours.
Un client de triche baptisé *K
Au cœur du dossier, un logiciel nommé « *K », développé dans un seul but : casser Delta Force Global. Ses deux fonctions principales sont un wallhack, qui expose les positions des ennemis à travers les terrains et les structures, et un aimbot, qui prend en charge l’acquisition et le suivi des cibles à la place du joueur. Les deux pouvaient être activés et ajustés en plein match via un menu caché.
Le développement de *K a démarré au début 2026 et s’est poursuivi sous maintenance active. Pour le construire, le réseau a détourné des outils de développement JetBrains, normalement destinés à un usage légitime, à des fins totalement illégales.
Un marché noir organisé autour d’abonnements et de cryptomonnaie
Le réseau ne se contentait pas de coder un logiciel : il l’a transformé en produit commercial. Les cheats étaient vendus par abonnements mensuels, et leurs principaux acheteurs étaient des studios de carry service, ces vendeurs qui utilisent la triche pour livrer des résultats de match à des clients payants.
Pour faire circuler l’argent sans laisser de trace facile à suivre, les paiements étaient canalisés via l’USDT. La distribution, elle, passait par un réseau de revendeurs échelonné sur Telegram, avec des agents de haut niveau chargés de pousser le logiciel plus bas dans la chaîne.
Des images de l’intervention et du matériel saisi
Des images diffusées montrent des suspects liés au réseau de vente de cheats être placés en détention. Les enquêteurs ont également documenté le site d’exploitation du groupe, équipé de multiples moniteurs faisant tourner et surveillant en direct des comptes de jeu.
Au-delà du logiciel lui-même, l’enquête a mis la main sur une plateforme de contrôle multi-appareils, composée de plusieurs machines physiques indépendantes assemblées à partir d’ordinateurs distincts. Un dispositif taillé pour l’élevage de comptes à l’échelle industrielle, permettant à un seul poste de commande de gérer des dizaines, voire des centaines de comptes simultanément.

