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Bowen « Monsoon » Fuller, champion du monde d’Apex Legends

Bowen « Monsoon » Fuller, champion du monde d'Apex Legends

Bowen « Monsoon » Fuller est aujourd’hui champion du monde d’Apex Legends, mais le chemin pour en arriver là n’a rien eu de linéaire. Âgé de 28 ans, le joueur raconte avoir grandi sans domicile fixe, une enfance marquée par les hôtels payés au jour le jour et les marchés aux puces.

« Il y a eu de nombreuses fois où on a dû tout simplement tout jeter, littéralement tout », confie-t-il.

Une enfance passée à vendre ce qu’il possédait

Pour financer une chambre d’hôtel, la famille de Monsoon vendait ses affaires aux puces, chaque objet du quotidien y passait.

On allait au marché aux puces pendant les trois derniers jours, et on vendait tout ce qu’on avait. On mettait une étiquette de prix sur tout ce avec quoi j’avais grandi, tout ce que j’utilisais chaque jour.

– Bowen « Monsoon » Fuller

Une seule chose échappait à la vente : un petit ordinateur cassé, sans capot, dont l’alimentation électrique était soudée à du papier d’aluminium. Assez petit pour tenir dans un sac à dos, il a suivi Monsoon partout, y compris dans le coffre de la voiture familiale.

La seule chose que j’ai réussi à garder pendant tout ce temps, c’est ce petit ordinateur tout pourri sans capot. L’alimentation était soudée avec du papier aluminium, et ça dépassait sur le côté. Il était assez petit pour tenir dans mon sac à dos, c’est pour ça que j’ai pu le garder. On était dans cette petite Honda cinq places, et moi je m’asseyais dans le coffre. On était six là-dedans, tout le temps.

– Monsoon

Regarder ses camarades d’école continuer leur vie pendant que la sienne se déroulait entre deux villes n’a pas été facile à digérer. « Je pensais à tous les gens avec qui j’avais grandi, mes amis à l’école. Eux, ils continuaient d’aller à l’école. Ils continuaient leur truc. L’idée que moi, ce gamin jeune et influençable qui voulait juste avoir des amis, je me faisais laisser en arrière, ça craignait vraiment. C’était vraiment difficile », admet-il.

Le jeu vidéo comme échappatoire

Où que la famille s’installe, l’ordinateur bricolé de Monsoon suivait, et avec lui la seule chose qui pouvait lui apporter un peu de stabilité. Il jouait partout où il pouvait trouver une prise et une connexion : fast-foods, hôtels, cafés de jeux ou PC bangs.

N’importe quand je le pouvais, que ce soit dans des fast-foods, des hôtels, des cafés de jeux ou des PC bangs, je faisais tout ce que je pouvais pour lancer n’importe quel jeu auquel je pouvais jouer.

– Monsoon

Quand la connexion ne suivait pas, il se rabattait sur le solo : « Si le ping ou la connexion étaient trop mauvais, je jouais juste à des trucs solo. » Cet échappatoire a occupé toute une partie de sa vie, entre environ 13-14 ans et 25 ans, soit près d’une décennie. « L’escapisme, c’était toute ma vie. Depuis que j’étais jeune, je sais pas, 13 ou 14 ans, jusqu’à 25 ans, en gros », résume-t-il.

Une scène esport balbutiante

Bien avant Apex Legends, Monsoon jouait déjà en compétition sur une multitude de jeux, à une époque où seuls les tout meilleurs joueurs de League of Legends, Counter-Strike ou Dota gagnaient réellement leur vie. Il a évolué à un niveau « décemment élevé » sur Overwatch, PUBG, CS, League of Legends, Paladins et Realm Royale, sans jamais savoir lequel de ces titres allait vraiment décoller.

Je savais que si le jeu décollait, j’aurais peut-être une chance. Sinon, je m’amuse juste pour l’instant.

– Monsoon

L’Utah, le diner et la rencontre avec Apex Legends

À cette période, Monsoon vivait en Utah, au mois dans un Airbnb après une dispute avec sa famille. Pour payer ses factures, il travaillait à la ligne dans un restaurant. « Les mormons adorent leurs diners le dimanche, parce que rien d’autre n’est ouvert », plaisante-t-il en évoquant cette période.

C’est dans ce contexte qu’il découvre Apex Legends, sans coup de foudre immédiat. « J’ai essayé et je l’ai détesté le premier jour, mais j’ai continué à y jouer, et j’ai commencé à vraiment aimer ça. Au début, c’était de l’escapisme », raconte-t-il. Le mélange de tir à la première personne, de battle royale et de capacités a fini par convaincre le compétiteur qu’il est au fond de lui.

Je suis un gamer très compétitif dans l’âme, donc avoir un truc qui était un FPS, ce que j’adore, un battle royale, ce que j’adore globalement, et la nuance des capacités, c’était plutôt… je savais que si le jeu décollait, j’aurais peut-être une chance.

– Monsoon

Bowen « Monsoon » Fuller, champion du monde d'Apex Legends

Devenu champion du monde d’Apex Legends, Monsoon reste actif autour de la scène compétitive : il a notamment interviewé Blinkzr en amont des playoffs de l’ALGS 2026 Split 1 organisés lors de l’Esports World Cup.

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