Resident Evil Requiem, le retour de Leon qu’on méritait vraiment

Resident Evil Requiem, c’est exactement le retour qu’on attendait tous sans vraiment oser y croire. Capcom vient de nous livrer un jeu qui, sur le papier, était présenté comme le tremplin d’une nouvelle héroïne, Grace Ashcroft, mais qui s’avère être bien plus que ça : une véritable lettre d’amour aux fans de longue date, avec au centre Leon S. Kennedy dans toute sa gloire, plus vieux, plus badass, et toujours aussi iconique. Quatorze ans sans nouvelle aventure inédite pour ce personnage, et la série nous prouve qu’elle sait encore comment frapper fort.

Leon est de retour, et il n’a rien perdu

Il faut bien comprendre ce que représente ce retour pour les fans. Leon S. Kennedy n’avait pas eu de vraie nouvelle aventure depuis Resident Evil 6, sorti en 2012. Le remake de RE4 en 2023 était génial, mais c’était une relecture d’une histoire qu’on connaissait par cœur. Requiem, lui, nous offre quelque chose de différent : un Leon ancré dans le présent, en 2026, avec les rides et le vécu qui vont avec. Il est plus posé, un peu moins prompt à sortir une blague douteuse après avoir explosé un zombie, mais le personnage conserve ce charme unique qui en a fait une légende.

Ce qui est fascinant, c’est que les jeux vidéo font rarement vieillir leurs héros. Mario a toujours le même âge qu’en 1985, Sonic court toujours aussi vite sans jamais être essoufflé. Resident Evil fait partie des rares franchises qui laisse le temps s’écouler réellement pour ses personnages, et ça donne quelque chose de vraiment spécial quand on retrouve Leon avec quelques cheveux gris de plus et un regard qui en dit long sur tout ce qu’il a traversé. 

Le principe du « legacy sequel » version jeu vidéo

Le cinéma Hollywood adore ce concept du « legacy sequel », ce film qui réunit une ancienne icône avec une nouvelle génération. On pense à Han Solo dans Le Réveil de la Force, à Indiana Jones face au Cadran de la Destinée. Ces films ne sont pas toujours nécessaires, mais quand ils sont bien exécutés, ils offrent quelque chose d’unique : la sensation de retrouver un vieil ami qu’on n’avait pas vu depuis longtemps, et parfois même de lui dire au revoir dignement. Resident Evil Requiem fait exactement ça, mais en version manette en main, ce qui décuple l’émotion.

Et contrairement à certains retours décevants de personnages cultes qui finissent par ternir leur propre légende, Leon dans Requiem reste concentré, professionnel, et porteur du même charisme qu’on lui connaît. Il revient sur les lieux de Raccoon City avec le poids de ses souvenirs, mais sans sombrer dans la déprime ou la caricature. Il est marqué par son passé, pas brisé par lui. C’est une nuance importante que Capcom a su gérer avec intelligence.

Des mécaniques qui font echo à RE4, en mieux

Mécaniquement, jouer Leon dans Requiem, c’est comme retrouver ses marques dans RE4 Remake, avec en bonus tout ce que l’expérience apporte avec les années. Les contrôles sont fluides, précis, et bourrés de petits détails qui font plaisir. Capcom a réussi à recréer cette sensation unique de RE4 tout en y ajoutant de la profondeur.

Les clins d’œil à l’épisode culte de 2005 sont nombreux et bien dosés. Les fous furieux à la tronçonneuse font leur retour, mais maintenant vous pouvez leur arracher la scie des mains et l’utiliser pour nettoyer une pièce entière. La séquence de fuite en jetski revient elle aussi, revisitée avec bien plus d’ampleur et d’ennemis à gérer. Ce ne sont pas de simples reprises nostalgiques, ce sont des améliorations qui montrent qu’on est en présence d’un Leon plus expérimenté et plus efficace.

Est-ce que Requiem égale RE4 sur tous les points ? Non, soyons honnêtes. Il manque ce fameux marchand excentrique, cette atmosphère unique d’un village espagnol glauque et coloré à la fois, cette folie créative d’une équipe qui avait carte blanche pour révolutionner la franchise. RE4 reste un sommet quasi inatteignable. Mais Requiem s’en approche suffisamment souvent pour que la sensation soit là, et ces moments où le jeu touche ces hauteurs sont absolument jouissifs.

Grace Ashcroft, la relève qui fait sens

L’autre grande réussite de Requiem, c’est la relation entre Leon et Grace. Cette agente du FBI débarque dans l’histoire en tremblant, un couteau bricolé dans la main, perdue dans l’obscurité. Elle est loin d’être une super-héroïne au départ, et c’est précisément pour ça qu’elle est intéressante. Son évolution au contact de Leon est l’un des meilleurs arcs narratifs que la franchise ait proposé depuis longtemps.

Ce que Requiem comprend parfaitement, c’est qu’un bon « legacy sequel » ne sert pas juste à mettre en scène le retour glorieux d’un vieux héros. Il sert à passer le flambeau. Les légendes vieillissent, et il est naturel, voire nécessaire, qu’elles transmettent leur savoir à une nouvelle génération. Leon et Grace incarnent cette dynamique à merveille : lui qui apporte l’expérience et la sérénité du vétéran, elle qui apporte la fragilité et la détermination de quelqu’un qui a tout à prouver. C’est un duo qui fonctionne, et dont on voudra voir la suite.

Et pour la suite ?

La grande question après Requiem, c’est évidemment : jusqu’où Capcom ira-t-il avec Leon ? La franchise Resident Evil ayant toujours été friande de super-virus et de sérums qui transforment les gens en machines de guerre, il serait naïf de croire qu’on a vu la dernière aventure du bonhomme. Mais si jamais Requiem devait marquer la fin progressive de son ère, il le fait avec classe et respect pour le personnage.

En attendant, le potentiel pour voir d’autres personnages cultes de la saga faire un retour similaire est énorme. Claire Redfield, par exemple, est totalement absente de Requiem, si ce n’est une vague référence sur un charme. Il y a là matière à un DLC ou même un prochain épisode entier qui lui serait dédié. Resident Evil a prouvé avec ce neuvième opus principal qu’il savait faire vieillir ses héros sans les trahir. On espère juste qu’il continuera dans cette direction, parce que voir des personnages qu’on aime depuis des décennies évoluer naturellement, c’est quelque chose de rare et de précieux dans le monde du jeu vidéo.