PUBG fête ses 9 ans et veut devenir la nouvelle plateforme de jeu face à Fortnite

PUBG vient de souffler ses 9 bougies, et à cette occasion, ses développeurs ont mis les petits plats dans les grands pour faire comprendre au monde entier que le jeu a bien l’intention de rester dans la course face à un certain Fortnite. Plus qu’un simple battle royale, PUBG se rêve désormais en véritable plateforme de jeu à l’image d’Epic Games, avec des modes variés, des collabs extérieures et une ambition mondiale assumée. Alors, bonne idée ou virage risqué ? On fait le point.

PUBG, un monument en Corée du Sud

Pour bien comprendre ce qui se trame, il faut d’abord réaliser à quel point PUBG est une institution en Asie. Pendant que Fortnite domine les conversations en Europe et aux États-Unis, Battlegrounds reste le roi incontesté en Corée du Sud. L’anniversaire du jeu a été célébré en grande pompe dans un gymnase universitaire de Séoul, avec des panels de développeurs, des shows de magie spectaculaires et des performances K-Pop. Dans le quartier branché de Seongsu, les fans peuvent même se rendre dans un espace culturel dédié au jeu, avec un café thématique, une arène e-sport et un skate park arborant les flingues en collab avec le groupe de K-Pop Aespa. C’est simple : vous ne trouverez probablement aucun autre jeu célébré à ce niveau dans un pays entier. 

Malgré tout ça, les studios PUBG veulent aller encore plus loin et reconquérir les marchés occidentaux, notamment auprès d’un public plus jeune. Le jeu figure toujours dans le top 12 des titres les plus joués sur Steam en 2025, ce qui est loin d’être ridicule, mais l’équipe veut clairement passer à la vitesse supérieure.

La stratégie Fortnite, assumée et revendiquée

Lors d’une présentation à Séoul, Taeseok Jang, responsable du groupe franchise IP de PUBG, a lâché le morceau sans détour. PUBG n’est plus considéré comme un jeu unique en interne, mais bien comme une franchise à long terme avec une ambition très précise :

« PUBG n’est plus perçu comme un jeu unique, mais comme une franchise à long terme dont l’objectif est de devenir une icône culturelle mondiale. »

– Taeseok Jang, Head of PUBG IP Franchise Group

Concrètement, ça se traduit par l’intégration de modes de jeu développés en collaboration avec des studios externes, ainsi que de l’expérimentation avec du contenu généré par les joueurs, à la façon de ce que fait Fortnite depuis des années. Le premier exemple concret de cette vision, c’est Xeno Point, un mode PvE co-op roguelite à thématique science-fiction, disponible depuis le 8 avril directement dans PUBG Battlegrounds.

Xeno Point : un premier test convaincant ?

Xeno Point, c’est du PvE en co-op jusqu’à quatre joueurs, avec des vagues d’aliens à dézinguer dans des niveaux linéaires tirés d’une version remaniée de la map Miramar. Avant chaque expédition, vous équipez votre perso avec les armes classiques de PUBG (des AUG, des pills, etc.) ainsi que des capacités ultimes à cooldown vraiment sympas, comme envoyer un essaim d’insectes explosifs sur vos ennemis. Entre les runs, vous débloquez des améliorations permanentes pour votre personnage, ce qui donne un vrai sentiment de progression.

Le tout se termine sur un boss fight par phases où vous devez vider vos chargeurs dans des points faibles lumineux tout en esquivant des projectiles dans tous les sens. C’est là que la coopération prend tout son sens : combiner vos ultimes au bon moment, invoquer un bouclier géant pour ressusciter un coéquipier à l’abri… Ce genre de moment. Dans l’ensemble, Xeno Point est un mode honnête, qui change bien des habitudes de Battlegrounds, même s’il manque un peu de peps comparé à l’adrénaline d’un top 10 en battle royale classique.

La collab Payday et les doutes qui persistent

Après Xeno Point, c’est un mode Payday qui débarque en mai, développé avec Starbreeze, le studio suédois derrière la licence Payday. Sur le papier, l’idée d’intégrer du gameplay de braquage dans PUBG, c’est plutôt original. Mais sachant que Payday 3 a été un flop assez retentissant à sa sortie, on peut se demander si cette collab envoie vraiment le bon signal pour attirer de nouveaux joueurs.

Et c’est là que réside le vrai doute. PUBG a construit sa légende sur quelque chose de très précis : cette tension unique du battle royale, ce gunplay un peu brut mais délicieusement efficace, ces moments de pur adrénaline quand vous êtes les deux derniers debout. Vouloir singer le modèle Fortnite avec des modes expérimentaux variés, c’est une chose. Mais Fortnite partait d’une base déjà très arcade et colorée. PUBG, lui, a une identité beaucoup plus ancrée dans le réalisme et la tension. Est-ce que ses fans sont vraiment là pour du roguelite co-op ou du braquage ?

Et si la vraie réponse, c’était de miser sur ses fondamentaux ?

Des améliorations sont également prévues pour la version console, avec un meilleur support manette et du 60 images par seconde en bonus, ce qui est une vraie bonne nouvelle. Mais plutôt que de courir après Fortnite en multipliant les modes exotiques, ne serait-il pas plus malin de continuer à peaufiner ce qui fait la magie de PUBG depuis 2017 ? Un mode classique permanent, une montée en puissance des serveurs, une refonte de certaines mécaniques vieillissantes… voilà des choses qui rendraient les fans de la première heure heureux.

PUBG reste une référence absolue dans l’histoire du gaming, le jeu qui a popularisé le battle royale à une échelle planétaire. Neuf ans après son lancement, il a encore toutes les cartes en main pour rester pertinent. Mais tenter de devenir une icône culturelle mondiale en copiant Fortnite plutôt qu’en assumant son identité unique, ça risque surtout de dérouter ceux qui l’aiment pour ce qu’il est vraiment.