Highguard sous le feu des joueurs : hype des Game Awards, notes Steam éclatées et gros débat sur la haine gratuite
On dirait que chaque nouveau jeu multi qui sort en 2026 se prend un mur de sel dès le jour 1, et Highguard ne fait clairement pas exception. Le « PvP raid shooter » gratuit vient à peine de débarquer, qu’il est déjà coincé entre un lancement costaud en joueurs et une avalanche de critiques ultra négatives. Sauf que, cette fois, pas mal de gros noms de l’industrie commencent à dire stop à la culture du « on démonte tout dès que ça sort ».
Highguard, reveal XXL et retour de bâton express
Highguard, c’est le free to play présenté comme la grosse surprise de fin de show lors des derniers Game Awards. Wildlight voulait faire une sorte de « shadowdrop » à la Apex Legends, en restant silencieux jusqu’à la sortie du jeu le 26 janvier, histoire de créer l’effet buzz sans trop de blabla avant.
Sur le papier, le lancement n’est pas ridicule du tout. Le jeu a peak à un peu moins de 100 000 joueurs simultanés sur Steam, ce qui est loin d’être dégueu pour une nouvelle licence. Sauf que derrière, les chiffres se sont vite calmés et, surtout, la note utilisateurs sur Steam est partie dans le rouge avec un joli « plutôt négatif » qui fait tache pour un live service censé durer dans le temps.
Un concept qui divise les joueurs
Le cœur du concept, c’est des matchs en 3v3 sur de grandes cartes, avec une phase de farm de ressources puis une phase de raid où tout le monde se met dessus. Sur le terrain, les retours sont ultra partagés.
Côté points positifs, presque tout le monde s’accorde à dire que les montures sont une super idée. Elles permettent de traverser plus vite des maps jugées énormes, et c’est clairement un des éléments les plus appréciés du jeu.
Par contre, beaucoup de joueurs trouvent les cartes trop grandes et trop vides pour un simple 3v3. Pas mal de feedbacks demandent déjà des formats plus chargés en action, comme du 4v4, 5v5, ou même du 3v3v3 pour rendre les affrontements plus intenses.
Une boucle de gameplay jugée trop molle
Autre critique qui revient non-stop, la phase de récolte. Les joueurs parlent de farm, de minage et de loot trop passifs, avec beaucoup de temps morts et pas assez de moments de tension. En gros, la montée en puissance est jugée trop lente, alors que la partie raid, elle, est plutôt bien accueillie, car bien plus concentrée en baston.
S’ajoutent à ça des remarques sur le design des personnages, une direction artistique qui ne convainc pas tout le monde, un manque de contenu au lancement, et divers soucis de perfs, surtout sur PC. Rien d’irrécupérable pour un jeu service, mais suffisant pour flinguer la réputation dès le départ.
Le placement aux Game Awards, une fausse bonne idée ?
Un détail qui revient souvent dans les discussions, c’est la façon dont Highguard a été présenté. Le jeu a été calé comme le « one more thing » final, le moment censé faire exploser la hype. Pour beaucoup, ce choix a placé la barre beaucoup trop haut.
Des membres de Wildlight ont expliqué qu’à la base, le plan était un vrai shadowdrop dans le style Apex, sans gros show pour annoncer la couleur. Finalement, l’équipe a accepté la proposition de clôturer les Game Awards, ce qui a forcément créé des attentes de malade pour un projet qui reste, au fond, une nouvelle licence F2P encore en construction.
Résultat, certains reprochent maintenant à l’événement d’avoir survendu le jeu, et même son présentateur vedette se prend sa dose de critique sur les réseaux, juste pour avoir mis Highguard à ce spot final.
Des devs de poids montent au créneau
Face aux réactions ultra violentes autour du jeu, plusieurs gros noms de l’industrie ont décidé de prendre la parole sur X/Twitter pour calmer un peu le jeu. On parle ici de vétérans de studios majeurs, pas juste de random comptes fans.
Swen Vincke appelle à un peu de respect
Le directeur du studio derrière Baldur’s Gate 3, Swen Vincke, a notamment pris le temps de répondre aux critiques qu’il jugeait trop destructrices. Pour lui, démonter un jeu juste pour le buzz ou les likes, c’est toxique pour les créateurs.
« Je n’aime pas voir des gens chier sur ce que d’autres ont créé. Mettre quelque chose dans le monde te rend vulnérable et ça mérite du respect, même si tu n’aimes pas le résultat. C’est facile de casser, beaucoup plus dur de construire. Les meilleurs critiques l’ont compris. »
– Swen Vincke
Il est même allé plus loin en imaginant une sorte de Metascore, mais pour les critiques elles mêmes, notées sur la qualité et le respect de leur analyse. L’idée, c’est de pousser les gens à garder un minimum de retenue, surtout quand ils s’adressent à des créateurs qui, selon lui, sont souvent des « âmes sensibles » et très investies dans ce qu’elles font.
Il rappelle aussi que, si un studio abuse vraiment des joueurs, la meilleure arme reste de ne pas jouer au jeu, plutôt que d’aller insulter les gens qui l’ont développé. En gros, le boycott silencieux parle plus fort que le harcèlement.
« Quand est ce que c’est devenu stylé de haïr chaque nouveau jeu ? »
De son côté, Cliff Bleszinski, connu pour Gears of War et pour son propre gros échec avec LawBreakers, s’est aussi étonné de voir à quel point certains joueurs semblent attendre les nouveaux jeux juste pour les défoncer publiquement. Il explique voir ce phénomène de plus en plus souvent ces dernières années, et le décrit comme épuisant pour les créateurs.
Mark Rein, vice-président et cofondateur d’Epic Games, a lui aussi réagi, en soulignant à quel point il trouvait ça « horrible » de voir une telle haine dirigée vers un jeu gratuit sorti par un nouveau studio, rappelant que le jeu vidéo reste censé être un hobby abordé avec envie, pas avec rage en automatique.
Un démarrage compliqué, mais pas la fin de l’histoire
Pour Wildlight, la situation est claire : le studio va devoir bosser en mode tryhard s’il veut retourner l’opinion publique. Avec une base de reviews majoritairement négatives sur Steam et un nombre de joueurs déjà en baisse, la marge d’erreur est quasi nulle.
Les devs ont déjà prévu une série de mises à jour et une roadmap de contenu pour 2026. Entre équilibrage des modes, ajustement des cartes, ajout de contenu et correctifs techniques, il va falloir prouver vite que Highguard peut évoluer dans le bon sens, surtout avec la concurrence énorme sur le marché des shooters F2P.
Et la polémique autour des intérêts cachés
Au milieu de toute cette tempête, certains internautes ont commencé à accuser le présentateur des Game Awards d’avoir un intérêt financier dans le succès du jeu, juste parce qu’il lui avait réservé la place de fin de show. Il a répondu directement sur X à ces accusations en lâchant un « lol absolument pas », histoire de mettre fin à la théorie du complot.
Au final, Highguard se retrouve coincé entre un concept qui ne fait pas l’unanimité, une hype mal calibrée, et une culture du bashing instantané qui semble de plus en plus installée dans la communauté. Reste à voir si le jeu réussira à se relever sur la durée, ou s’il rejoindra la longue liste des shooters live tombés bien trop vite dans l’oubli.