Et si la prochaine manette PlayStation abandonnait presque tous ses boutons physiques au profit d’une surface entièrement configurable ? C’est précisément le concept exploré par un nouveau brevet de Sony, qui décrit un contrôleur adaptatif misant sur des capteurs tactiles et optiques pour offrir une liberté totale de disposition des commandes, avec en ligne de mire l’accessibilité, mais aussi la personnalisation extrême pour chaque joueur.
Une manette sans (presque) aucun bouton physique
Selon le brevet, cette manette expérimentale remplacerait la majorité des entrées mécaniques par des surfaces tactiles et des capteurs capables de détecter non seulement le contact, mais aussi la proximité de la main, du pouce ou des doigts. L’objectif est de permettre une interface entièrement virtuelle, où la position, la taille et le nombre de « boutons » sont définis par le joueur lui même.
Concrètement, la zone avant de la manette pourrait afficher virtuellement les touches d’action, la croix directionnelle et même les sticks analogiques. Plus de débat entre joysticks alignés ou décalés : chacun pourrait placer ses « sticks » là où il le souhaite, avec une courbe de réponse et une zone morte potentiellement adaptées au profil.
Profils utilisateurs et reconnaissance automatique
Le brevet décrit également un système de profils configurables où chaque utilisateur définirait son propre layout : placement des touches, forme des zones tactiles, taille des groupes de boutons ou encore présence de gestes spécifiques (balayages, pincements, glissements).
Un point intéressant pour un usage familial ou en salle de jeu : la manette pourrait intégrer une détection automatique de l’identité de l’utilisateur en fonction de sa façon de la tenir ou de ses habitudes d’appui. Une fois le joueur reconnu, la manette chargerait immédiatement ses réglages personnalisés, sans passer par un menu système.
Adaptée aux mains, à la dextérité et aux besoins spécifiques
L’un des axes forts de cette approche réside dans l’accessibilité. Plutôt que d’imposer une ergonomie fixe, Sony envisage la possibilité d’adapter dynamiquement la taille et la répartition des groupes de boutons sur chaque côté de la manette. Cela pourrait par exemple permettre de :
- Regrouper davantage de commandes à portée d’un seul pouce
- Agrandir les zones tactiles pour les joueurs ayant une dextérité limitée
- Fusionner plusieurs schémas de contrôle sur un même côté pour jouer à une main
Grâce aux surfaces capacitatives et aux capteurs optiques, la manette serait aussi en mesure de reconnaître des gestes complexes comme des swipes rapides, des glissements prolongés ou des mouvements de pincement, qui pourraient eux mêmes être mappés à des actions in game. De quoi imaginer des raccourcis contextuels pour les jeux de stratégie, les RPG ou les MMO.
Performances et sensations : le gros point d’interrogation
Sur le papier, cette manette ultra modulable ouvre des possibilités énormes, mais elle se heurte aussi à une réalité bien connue des joueurs : la plupart préfèrent des retours tactiles francs avec de vrais boutons. L’absence de clic mécanique, de débattement réel et de repères physiques pourrait refroidir les puristes, notamment dans les jeux compétitifs où chaque milliseconde et chaque sensation comptent.
Reste également la question de la latence et de la précision. Même si la technologie tactile et optique peut être très réactive, il faudra que Sony garantisse un niveau de fiabilité au moins équivalent à celui des contrôleurs classiques pour espérer convaincre au delà du seul segment de l’accessibilité.
Prix, disponibilité et avenir potentiel
Il est important de rappeler qu’il s’agit pour l’instant d’un brevet conceptuel, et non d’un produit annoncé. Aucun prix, aucune fenêtre de sortie ni même de compatibilité (PS5, future PS6, PC ?) ne sont évoqués à ce stade.
Ce type de manette adaptative pourrait toutefois se positionner sur un créneau proche des contrôleurs spécialisés haut de gamme, avec un prix potentiellement supérieur à celui d’une DualSense classique, mais justifié par la flexibilité extrême de la configuration et les bénéfices en termes d’accessibilité.
Ce que cela pourrait changer pour les joueurs
Si Sony décidait de transformer ce brevet en produit commercial, on pourrait voir arriver une manette pensée à la fois comme un outil d’accessibilité avancé et comme un périphérique premium pour les joueurs qui veulent un contrôle millimétré sur leur layout. Entre la personnalisation totale des commandes, l’adaptation à la morphologie des mains et l’intégration de gestes tactiles, cette approche pourrait changer radicalement la manière d’aborder le gamepad… à condition que les sensations de jeu suivent.
