AMD Medusa Halo : un APU Ryzen IA avec LPDDR6 384 bits, 24 cœurs Zen 6 et 48 CU RDNA 5 taillé pour le gaming mobile
Les prochains APU Ryzen orientés IA d’AMD s’annoncent déjà comme de véritables monstres pour les machines compactes et les laptops gaming. Une nouvelle fuite autour du projet « Medusa Halo » vient lever un coin du voile sur un point clé de cette plateforme : l’abandon de la LPDDR5X au profit de la toute nouvelle mémoire LPDDR6, avec un bus gigantesque pensé pour nourrir à la fois un CPU très musclé et un GPU intégré de nouvelle génération.
Un APU « Medusa Halo » tourné vers la bande passante
D’après les informations qui circulent, Medusa Halo ne se contente pas de monter en cœurs CPU, il change aussi de catégorie en matière de sous-système mémoire. AMD miserait sur un bus 384 bits connecté à de la LPDDR6, de quoi offrir une bande passante rarement vue sur un SoC mobile grand public.
Côté calcul, la puce viserait jusqu’à 24 cœurs Zen 6 côté CPU, épaulés par une partie graphique composée de 48 unités de calcul RDNA 5 / UDNA. Sur le papier, on se rapproche d’un niveau de puissance qui flirte avec ce que proposent certaines cartes graphiques d’entrée/milieu de gamme, mais dans un seul APU, sans GPU dédié.
Ce combo de nombreux cœurs CPU et d’un GPU avancé ne tient la route qu’avec une bande passante mémoire massive, en particulier sur un APU où CPU et GPU partagent le même réservoir de données. C’est précisément là que la LPDDR6 entre en scène, avec des débits et une efficacité énergétique taillés pour ce type de design.
LPDDR6 : un énorme saut face à la LPDDR5X
Plusieurs fabricants de mémoire ont déjà commencé à expédier des modules LPDDR6 à leurs partenaires pour des phases de validation. On sait notamment que certaines puces LPDDR6 atteignent des vitesses de 14,4 Gb/s, quand les premières implémentations chez d’autres acteurs tournent autour de 10,7 Gb/s. Dans tous les cas, on dépasse largement les 9,6 Gb/s typiques de la LPDDR5X de précédente génération.
Au delà de la simple fréquence, la LPDDR6 revoit aussi la structure de son interface : chaque canal ne se contente plus de 16 bits comme en LPDDR5X, on monte ici à un schéma qui permet de traiter davantage de bits par cycle (augmentation du nombre de bits par octet d’IO, passant de 8 à 12). Résultat : à largeur de canal comparable, la bande passante explose.
Évolution des vitesses mémoire basse consommation
| Standard | Vitesse typique | Largeur d’IO (exemple simple canal) | Bande passante relative |
|---|---|---|---|
| LPDDR5X | Jusqu’à 9,6 Gb/s | 16 bits | Base 1,0× |
| LPDDR6 (premières puces) | 10,7 Gb/s | 24 bits (exemple) | ≈ 2,0× LPDDR5X à 16 bits |
| LPDDR6 (haut de gamme) | 14,4 Gb/s | 24 bits (exemple) | Encore nettement supérieur |
En pratique, avec un bus 384 bits exploité au maximum et de la LPDDR6 cadencée très haut, Medusa Halo pourrait disposer d’une bande passante mémoire qui n’a rien à envier à certaines solutions desktop, ce qui est crucial pour un iGPU RDNA 5 capable de viser sérieusement le jeu en 1080p, voire plus, sans carte graphique dédiée.
Performances attendues : un APU taillé pour le gaming et l’IA
Sur le segment gamer, un tel APU a un intérêt évident : offrir aux laptops et mini-PC une solution tout-en-un pour jouer correctement sans sacrifier l’autonomie. La LPDDR6, en plus d’être plus rapide, est pensée pour rester très économe, ce qui permet de contenir la consommation globale, surtout en usage nomade.
Les 24 cœurs Zen 6 promettent de très bonnes performances en multitâche lourd, streaming + jeu, création de contenu et bien sûr calculs IA, un domaine que ces Ryzen orientés IA ciblent de plus en plus agressivement. Les 48 CU RDNA 5/UDNA, eux, devraient donner un gros coup de boost aux jeux en 1080p avec paramètres élevés, tout en facilitant l’upscaling et les effets accélérés par IA.
Prix et disponibilité : encore flous, mais la plateforme se prépare
Aucun tarif ni calendrier officiel n’a encore été annoncé pour Medusa Halo, et il est donc trop tôt pour placer cette gamme face aux APU actuels dans une grille de prix précise. Toutefois, le fait que des acteurs comme et livrent déjà des modules LPDDR6 à leurs clients indique clairement que l’écosystème se met en place pour une adoption prochaine.
Avec une telle configuration CPU/GPU, un bus mémoire monstrueux et la LPDDR6 en renfort, Medusa Halo a tout pour devenir l’un des SoC les plus performants du marché mobile lorsqu’il arrivera sur les premiers PC portables et mini-machines gaming. Reste à voir à quel prix et à quelle date AMD décidera de lancer cette nouvelle arme dans la bataille.