Deux nouveaux Far Cry, pluie d’Assassin’s Creed et remake de Prince of Persia annulé Ubisoft joue son avenir entre mégalicences et gros bad buzz
Si tu pensais que Far Cry et Assassin’s Creed allaient se poser tranquilles après leurs derniers épisodes, c’est raté. Le boss d’Ubisoft, Yves Guillemot, vient de lâcher plusieurs infos sur l’avenir des grosses licences maison, tout en se prenant de plein fouet des questions sur le népotisme, les licenciements, les grèves internes et même sa place à la tête de l’éditeur. Ambiance.
Deux nouveaux Far Cry en approche
La première info qui fait tilt chez les joueurs, c’est clairement l’avenir de Far Cry. La série n’a rien sorti depuis Far Cry 6 en 2021, mais ce n’est pas parce qu’elle dort, bien au contraire.
« Sur Far Cry, l’anticipation est élevée, et nous avons actuellement deux projets très prometteurs en développement. »
– Yves Guillemot
Pas de détails concrets sur ces deux jeux, mais le fait qu’il parle de « projets » au pluriel laisse penser que l’on pourrait avoir un gros épisode principal et un second titre plus expérimental, ou orienté multi. D’anciennes infos laissaient déjà entendre qu’Ubisoft préparait une refonte assez agressive de la formule habituelle, donc il faut clairement s’attendre à autre chose qu’un simple copier-coller de Far Cry 3 à 6.
Entre les joueurs qui en ont marre des camps à capturer à la chaîne et ceux qui veulent un vrai virage next gen, Ubisoft n’a pas vraiment le droit de se rater. Et avec deux jeux Far Cry en parallèle, on peut s’attendre à des approches assez différentes.
Assassin’s Creed décliné en plusieurs expériences
Far Cry n’est pas la seule licence à être au cœur de la stratégie. Assassin’s Creed reste la vache à lait d’Ubisoft, et la roadmap est blindée. Yves Guillemot parle de « plusieurs titres » en développement, mélange de solo et de multi.
Sur le solo, on sait déjà que la machine est lancée avec des projets comme , qui doit partir sur un délire sorcellerie bien plus sombre que d’habitude. De l’autre côté, le multi est censé être incarné par des expériences comme Invictus, pensées pour garder les joueurs connectés sur le long terme.
En plus, tout le monde s’attend à ce qu’Ubisoft finisse enfin par annoncer le fameux remake de Black Flag, que les fans réclament depuis des années. Entre les projets solo plus narratifs et les jeux multi plus « service », Assassin’s Creed est clairement en train de devenir un écosystème complet plutôt qu’une simple suite numérotée tous les deux ans.
Le cas Vantage Studios et les accusations de népotisme
L’interview ne s’est pas contentée de parler de jeux. L’un des gros sujets qui fâchent en interne comme auprès de certains joueurs, c’est la création de Vantage Studios, la structure qui pilote désormais les licences les plus précieuses d’Ubisoft, comme Far Cry et Assassin’s Creed.
Le problème vient surtout du fait que le co-CEO de Vantage n’est autre que Charlie Guillemot, le fils d’Yves Guillemot. Beaucoup y voient du népotisme pur et simple, surtout dans un contexte où l’entreprise enchaîne les plans sociaux et la réorganisation.
Yves Guillemot, lui, défend la logique « entreprise familiale » et explique que cette culture leur permet de penser à long terme, de miser sur la croissance durable et sur des franchises capables de tenir plusieurs décennies. Selon lui, Charlie et Christophe Derennes, l’autre co-CEO, ont été choisis pour leurs compétences et leur expérience, pas pour leur nom de famille.
Prince of Persia sacrifié après des années de travail
Autre dossier qui fait grincer des dents chez les joueurs comme chez les devs : l’annulation du remake de Prince of Persia : Les Sables du Temps. Le projet a changé de mains plusieurs fois, avec au moins cinq ans de développement cumulés, avant d’être tout simplement abandonné.
Des personnes impliquées dans le jeu ont expliqué publiquement avoir perdu des années de travail du jour au lendemain, apprenant l’annulation par Internet. Interrogé sur l’état réel du remake au moment où il a été stoppé, Yves Guillemot n’a pas apporté de précisions claires, ce qui laisse un gros flou sur ce qui a réellement été réalisé et sur les raisons exactes de ce choix radical.
Licenciements, tensions internes et appels à la démission
Tout cela se passe alors qu’Ubisoft traverse une phase ultra compliquée en interne. Entre les restructurations, les studios fermés et les plans de licenciements successifs, des centaines d’employés ont déjà été touchés, et de nouvelles suppressions de postes viennent régulièrement s’ajouter.
Résultat, plusieurs mouvements de grève ont éclaté dans certaines antennes, surtout en France, avec parfois des appels ouverts à la démission d’Yves Guillemot. Celui ci ne répond pas directement à ces demandes, mais reconnaît que la transformation en cours secoue énormément les équipes.
Il parle d’une industrie devenue « plus compétitive et exigeante que jamais », où les jeux doivent atteindre un niveau de qualité et d’ambition très élevé pour ne pas se faire balayer. D’où son discours sur la nécessité d’alignement, de rapidité d’exécution et de collaboration serrée entre les équipes, même si cela passe par des décisions douloureuses.
La priorité d’Ubisoft pour les prochaines années
Au final, le message d’Yves Guillemot est assez clair sur ses objectifs. Il veut concentrer Ubisoft sur trois axes principaux : réussir la transformation interne, garantir la solidité financière sur le long terme, et sortir des jeux au « plus haut standard » possible.
Concrètement, cela veut dire moins de projets éparpillés, plus de gros paris sur les licences phares comme Far Cry et Assassin’s Creed, et probablement encore des choix difficiles sur les jeux jugés trop risqués ou pas assez porteurs. Pour les joueurs, les prochains années vont surtout se jouer autour de ces méga-franchises, avec l’espoir que cette stratégie centrée sur quelques licences n’étouffe pas complètement la prise de risque et les nouvelles IP.
En attendant d’en savoir plus, on sait au moins une chose : Far Cry n’est pas mort, Assassin’s Creed est plus vivant que jamais, et Ubisoft joue une bonne partie de son avenir sur les prochains gros lancements.