Warzone : les réglages audio truqués mettent l’esports du jeu sous pression
Dans un battle royale comme Call of Duty : Warzone, le son est une arme à part entière. Bien réglé, il permet d’entendre les pas d’un adversaire à travers un mur et de deviner sa position avant même de le voir. Le souci, c’est que certains joueurs ne se contentent plus des options audio proposées par le jeu.
La polémique a éclaté juste après la Warzone Resurgence Series (WRS), quand des voix de la scène compétitive ont pointé du doigt l’usage d’outils tiers pour pousser l’audio bien au delà de ce que permettent les réglages officiels.
Des outils d’égalisation qui font débat
Des logiciels d’égalisation, de compression sonore et d’autres bidouillages permettent d’atténuer les bruits parasites et les sons d’armes pour ne garder que l’essentiel : les bruits de pas et leur direction. Sur le papier, ça ressemble à un simple réglage personnel. Dans les faits, ça crée un écart net entre ceux qui utilisent ces outils et ceux qui se contentent des paramètres accessibles à tous.
Le créateur de contenu Isaac (@IceManIsaac) a été l’un des premiers à hausser le ton, en rappelant que ce genre de logiciel tiers offrant un avantage compétitif est déjà interdit ailleurs.
Call of Duty est vraiment l’exception qui normalise cet avantage déloyal. Normaliser un avantage logiciel sur les événements officiels d’Activision, c’est le moyen le plus rapide de pousser des masses de joueurs vers d’autres avantages tiers.
– @IceManIsaac
Il a directement interpellé Repullze, figure reconnue de la scène compétitive Warzone, pour qu’il porte le sujet auprès de la communauté.
Interdisez les réglages audio en compétition et blacklistez les joueurs pris en flagrant délit (un simple contrôle du PC suffit, ces applis ou appareils ne sont pas discrets). Je sais que vous êtes potes avec Art, Rara, Insured, etc. (moi aussi), mais ça doit disparaître et c’est à vous de mener ce combat.
– @IceManIsaac
Warzone, le mauvais élève du battle royale
Le constat qui fait mal, c’est la comparaison avec le reste du genre. Les compétitions de Fortnite, Apex Legends et Battlefield 6 encadrent déjà l’usage de logiciels tiers offrant un avantage sonore. À l’inverse, les réglages audio ne sont soumis à aucune restriction dans les tournois Warzone actuels.
Une règle existe pourtant : lors des tournois en LAN, les joueurs n’ont pas le droit de télécharger de logiciels sur leurs machines. Problème, cette interdiction ne s’applique qu’aux compétitions physiques. Rien n’empêche, en théorie, de dissimuler ce genre d’outil sur scène ou de l’utiliser librement en ligne, où les contrôles sont bien plus difficiles à faire respecter.
Face à cette zone grise, Repullze n’a pas pris parti aussi tranché qu’Isaac. Il renvoie la responsabilité directement à l’éditeur.
Télécharger quoi que ce soit est interdit en LAN, donc les réglages audio tombent sous le coup de cette règle. Si Activision ne dit rien activement sur les réglages audio ou ne précise pas que c’est interdit, qui suis-je pour décider d’un truc pareil ?
– Repullze
Le silence d’Activision, en pleine expansion esport
Ce flou arrive à un moment où l’écosystème compétitif de Warzone prend clairement de l’ampleur. Activision investit des millions pour bâtir un circuit esports complet autour du jeu, et la World Series of Warzone doit revenir début 2027.
Difficile, dans ce contexte, de justifier l’absence d’une règle claire sur un sujet déjà tranché par la concurrence. Le studio a par le passé montré qu’il savait réagir aux retours de la communauté sur d’autres points. Warzone 2.0 avait introduit des mécaniques de déplacement nettement plus lentes à sa sortie, un choix qui avait mal passé auprès des joueurs. Après des semaines de critiques massives, Raven Software avait fini par augmenter la vitesse de déplacement pour rendre le gameplay plus fluide.
Reste à savoir si la pression exercée par des figures comme Isaac et Repullze suffira à pousser Activision à statuer sur les réglages audio avant le retour de la World Series of Warzone. Pour l’instant, aucune règle officielle n’encadre la pratique, et le débat reste entier entre ceux qui réclament une interdiction nette et ceux qui attendent que l’éditeur tranche.