ARC Raiders fait un AAA avec un quart du budget habituel, et le patron d’Embark explique comment
On le savait déjà que ARC Raiders cartonnait sur Steam, mais là, le boss d’Embark Studios vient de lâcher des infos qui font vraiment réfléchir sur la manière dont les jeux vidéo sont développés. Patrick Söderlund, le CEO du studio, a récemment pris la parole pour expliquer comment son équipe a réussi à se hisser dans la cour des grands, celle des productions AAA, en dépensant seulement un quart du budget habituel. Autrement dit, là où les mastodontes du secteur claquent facilement 300 millions de dollars, Embark s’en est sorti pour environ 75 millions. Pas mal, non ?
Un budget réduit, mais un résultat AAA
Ce qui est dingue dans l’histoire d’ARC Raiders, c’est que le jeu ne ressemble absolument pas à un titre fait au rabais. Avec un des meilleurs compteurs de joueurs actifs sur Steam, il a largement récupéré son investissement de départ. Söderlund est catégorique là-dessus : la taille d’un studio n’est pas ce qui détermine la qualité d’un jeu. Ce qui compte, c’est comment tu travailles, avec quels outils, et à quel point tu es prêt à remettre en question tes vieilles habitudes.
Et justement, remettre en question les vieilles habitudes, c’est exactement ce qu’Embark a fait. Le studio a repensé de fond en comble ses méthodes de production, en s’appuyant sur les avancées technologiques récentes pour alléger considérablement la charge de travail de ses équipes.
Le moment révélateur de Söderlund
Le CEO raconte qu’à un moment précis durant le développement, son équipe a eu ce qu’il appelle lui-même un « moment de révélation ». En analysant les tâches les plus chronophages et les plus répétitives du pipeline de production, ils ont réalisé qu’une grosse partie de ce travail pouvait tout simplement être automatisée ou supprimée.
« Nous avons réalisé que des tâches comme la texturation, l’éclairage et le placement d’objets étaient difficiles, alors nous avons cherché à savoir quelle part de ce travail ingrat pouvait être éliminée. Une grande partie consiste à reconfigurer ce que je considère comme de vieilles façons de travailler, de vieux outils, de vieux pipelines, de vieux moteurs, et à se dire qu’il doit y avoir une meilleure façon de faire. »
– Patrick Söderlund, CEO d’Embark Studios
En clair, Embark n’a pas juste cherché à faire la même chose que les autres mais avec moins d’argent. Le studio a carrément réinventé sa façon de produire un jeu, en se débarrassant des méthodes obsolètes qui gonflent les budgets sans forcément apporter de valeur ajoutée visible pour les joueurs.
L’IA comme outil, pas comme raccourci
Söderlund a également abordé le sujet épineux de l’intelligence artificielle dans le développement de jeux. Embark a effectivement eu recours à l’IA durant la production d’ARC Raiders, mais ce qui est intéressant, c’est que le studio a progressivement réduit son utilisation au fil du temps. Un discours nuancé qui tranche avec les annonces fracassantes de certains éditeurs qui présentent l’IA comme la solution miracle à tous leurs problèmes budgétaires.
En résumé, l’aventure ARC Raiders prouve qu’avec les bonnes méthodes et une remise en question sincère des pratiques établies, il est tout à fait possible de produire un titre qui rivalise avec les plus grosses productions du marché, sans forcément y engloutir une fortune. Un modèle qui devrait faire réfléchir plus d’un studio dans l’industrie.