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Counter-Strike 2 : un détecteur de tricheurs basé sur la biométrie

Counter-Strike 2 : un détecteur de tricheurs basé sur la biométrie

Un problème vieux comme le matchmaking compétitif : un tricheur se fait bannir, puis revient sur un nouveau compte comme si de rien n’était. C’est exactement ce que veut casser le système imaginé par un joueur de Counter-Strike 2, développé dans le cadre d’une thèse de master à l’Université norvégienne des sciences et de la technologie. Son pseudo Reddit : u/Magga_.

Son constat de départ est simple et il le résume sans détour.

Les bans frappent les comptes, donc les tricheurs en recréent simplement d’autres.

– u/Magga_

Sa solution repose sur la biométrie comportementale : identifier un joueur non pas par son pseudo ou son profil, mais par sa manière physique d’utiliser sa souris et son clavier. Le système s’appuie entièrement sur les démos de match que CS2 enregistre déjà de son côté, sans nécessiter d’outil supplémentaire côté joueur. Le chercheur a baptisé le résultat obtenu pour chaque joueur un « CS-fingerprint », une empreinte propre à chacun.

Des résultats qui frôlent le sans-faute

Sur un ensemble de plus de 1 000 joueurs, la biométrie basée sur la souris a identifié le bon joueur à 100% des cas. La biométrie clavier, de son côté, affiche un taux de réussite de 98%. En combinant les deux approches, le système a réussi à séparer correctement toutes les paires de comptes connues pour appartenir à un même joueur, des comptes sans lien entre eux.

Mieux encore, l’outil a mis au jour des smurfs jusque-là inconnus. Des faux positifs apparents, vérifiés manuellement, se sont révélés être en réalité des comptes secondaires appartenant à des joueurs déjà présents dans le jeu de données. Une fois ces découvertes intégrées, le système a correctement identifié l’intégralité des 13 appariements de même personne déjà connus.

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Pourquoi la souris et le clavier trahissent plus que le pseudo

L’idée derrière ce fingerprint repose sur un phénomène assez logique une fois qu’on y pense : à force de répéter les mêmes gestes, ils finissent par devenir automatiques. Le chercheur détaille ce principe en expliquant que les joueurs répètent un petit ensemble d’actions des milliers de fois, sous pression constante de vitesse et de précision, que ce soit les flicks, les contre-strafes, le contrôle de spray ou l’usage des utilitaires.

Au fil du temps, ces actions cessent d’être réfléchies et deviennent de la mémoire musculaire, et une saisie involontaire et habituelle est exactement ce que la biométrie comportementale est conçue pour mesurer. Vous pouvez changer votre nom, votre rang, votre compte, votre arme et même votre style de jeu. Il est bien plus difficile de changer vos mains.

– u/Magga_

En clair : on peut trafiquer son identité numérique autant qu’on veut, les réflexes de la main, eux, ne mentent pas.

Counter-Strike 2 : un détecteur de tricheurs basé sur la biométrie

Un complément à VAC et Trust Factor, pas un ban automatique

L’objectif affiché serait d’utiliser cette technologie aux côtés des systèmes existants comme VAC et Trust Factor, pour qu’un bannissement sur un compte puisse potentiellement suivre un joueur jusque sur un autre. Le chercheur résume l’intérêt de la démarche ainsi.

Un tricheur se ferait choper une fois, en tant que personne, et resterait choppé.

– u/Magga_

Mais l’auteur du système reste prudent sur sa portée actuelle. Il souligne que la méthode n’a pas encore été testée à l’échelle de la base complète de joueurs de CS2, et suggère que les liens entre comptes devraient, dans un premier temps, être traités comme des preuves supplémentaires plutôt que comme des motifs automatiques de bannissement. Le système a aussi une limite claire : il échoue si un compte est partagé par plusieurs personnes différentes, puisque l’usage de la souris et du clavier change alors forcément d’un utilisateur à l’autre.

Reste maintenant à voir si Valve ou des plateformes de matchmaking tierces accepteront de tester ce fingerprint sur un bassin de joueurs beaucoup plus large que celui du mémoire. Pour l’instant, le système n’existe que sous la forme d’une preuve de concept universitaire, mais ses résultats sur plus de 1 000 comptes donnent clairement de quoi réfléchir à toute la communauté CS2 fatiguée de croiser les mêmes tricheurs sous un nouveau pseudo.

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