Deadlock ne vous demande pas de choisir « tank », « DPS » ou « support » avant même de cliquer sur Jouer. Ici, pas de file par rôle, pas de carcan figé, mais un chaos parfaitement contrôlé où chaque Occultiste peut se transformer en carry, frontliner ou assassin selon vos achats d’objets et votre façon de jouer. Pour performer, surtout en parties compétitives, il faut comprendre les grands archétypes du jeu, même si Valve refuse de les graver dans le marbre.
Les rôles non officiels de Deadlock
Deadlock mélange MOBA 6v6 et hero shooter, mais avec une approche radicale : le jeu n’impose aucune position ni rôle prédéfini. Vous sélectionnez un héros parmi au moins trois proposés, le jeu vous colle un coéquipier sur une lane au hasard, et à partir de là, tout dépend de votre build et de votre prise de décision.
En pratique, le casting se structure quand même autour de six grands profils : gun carry, spirit carry, initiator, frontliner, assassin et support. Comprendre dans quelle case votre héros peut briller vous aide à compléter la composition, à adapter votre itemisation en plein match et à répondre aux menaces adverses.
La clé : connaître les forces naturelles de votre Occultiste, puis exploiter la boutique d’objets pour pousser ce rôle à fond ou combler les manques de votre équipe.
Gun carry
Le gun carry, c’est le canon de verre qui mise tout sur son arme. Faible au début, monstrueux quand les âmes et les objets s’accumulent. Sa mission : empiler le DPS à longue portée et transformer chaque teamfight en stand de tir, à coups d’auto attaques boostées et de passifs qui dopent les balles.

Ce sont des héros qui misent sur le sustain damage à la gâchette : leurs compétences servent surtout à améliorer leur arme, ajouter des effets à l’impact ou augmenter leur cadence de tir.
- Seven est l’archétype du hypercarry : avec Power Surge, ses balles déclenchent des dégâts supplémentaires et ricochent sur les cibles proches, ce qui le transforme en broyeur de teamfights une fois stuffé.
- Infernus applique Catalyst pour fragiliser sa cible, puis Afterburn pour la brûler à chaque projectile. Combiné à son arme ultra rapide, il peut cracher près de dix balles par seconde.
- Wraith active Full Auto pour un buff permanent de cadence de tir, en plus de dégâts accrus par niveau. Elle perd un peu en pure puissance brute par rapport aux autres carries, mais son kit d’escape en fait une terreur des duels isolés.
Côté build, un gun carry démarre souvent sur des objets de farm pour creuser l’écart en âmes, puis enchaîne avec tout ce qui renforce les balles : dégâts d’arme, critiques, cadence, chargeur, et un soupçon de défensif pour ne pas se faire one shot en première ligne.
Et parfois, un simple « bon fusil » suffit pour créer un carry off-meta. Des builds full gun sur Pocket (en mode « Glocket ») ou sur Doorman (« Gunman ») traînent déjà en ranked pour ceux qui aiment casser les codes.
Spirit carry
Le spirit carry troque les headshots pour les explosions de sorts. Ici, tout tourne autour de la statistique de spirit, qui fait scaler les compétences. On est sur des profils de mages / casters explosifs, mais Deadlock brouille les lignes : certains tirent au fusil tout en reposant leurs dégâts majeurs sur des sorts à scaling spirit.
- Yamato est la référence absolue du spirit carry. Il manie son sabre à courte portée, infligeant des dégâts de spirit tout en se soignant pour rester planté au cœur de la mêlée.
- Grey Talon joue le sniper de sorts : Charged Shot lui permet de poke à très longue distance, et son ultime en forme de hibou contrôlable explose sur la cible, lui octroyant un bonus de spirit permanent en cas de kill.
- Mina et Mirage empilent leurs debuffs on-hit, Love Bites et Djinn’s Mark, qui finissent par éclater en burst dès que suffisamment de stacks sont accumulés.
Un spirit carry cherche à empiler les objets de puissance de sort, réduire les cooldowns, agrandir les zones d’effet et grignoter les résistances adverses. Là où un gun carry a besoin de temps pour s’installer, le spirit carry spike beaucoup plus tôt et domine souvent le mid game… avant d’avoir plus de mal à suivre quand les parties se prolongent.
Pour voir à quel point un spirit carry peut retourner un fight à lui seul, il suffit de regarder ce clutch avec Yamato :
Initiator
L’initiator est celui qui appuie sur le bouton GO. Ces héros possèdent les outils pour lancer les hostilités, forcer des mauvais fights à l’ennemi ou attraper une cible isolée. Ils enchaînent mobilité et contrôles pour décider quand et où on se bat.
Ce sont les chefs d’orchestre du tempo : ils gankent, engagent, désengagent, mais surtout refusent de laisser la partie se jouer au free farm.
- Lash dispose d’une mobilité énorme et peut repositionner violemment toute l’équipe adverse avant de déchaîner un burst aérien.
- Mo & Krill se déplacent sous terre pour surprendre, puis surgissent pour clouer une cible au sol avec leur ultime.
- Holliday punit toute mauvaise position avec Spirit Lasso, ramenant une proie directement au milieu de son équipe.
- Paradox mise sur un kit exigeant, alternant swaps de position et contrôles pour retourner complètement l’ordre d’un fight.
- Bebop devient infernal entre de bonnes mains : son hook arrache les cibles importantes de leur backline, puis il termine le travail avec bombes et uppercut.
Côté objets, un initiator cherche tout ce qui lui permet d’atteindre le bon angle au bon moment : Majestic Leap, Warp Stone, mobilité… Ensuite, à lui de choisir : se blinder pour encaisser l’entrée en mêlée ou booster ses dégâts pour transformer l’engage en exécution express.
Frontliner
Le frontliner, c’est le pare-chocs de la compo. Durable, menaçant, toujours en première ligne. Il encaisse, occupe l’espace et met une telle pression que l’adversaire est obligé de le gérer, laissant le reste de l’équipe libre de s’exprimer.
- Abrams, visage emblématique du jeu, cumule pool de PV massif, gros contrôles et auto sustain. Il érode l’équipe adverse à force de trades prolongés.
- Victor est un pur « feast or famine » : il consomme sa propre vie pour charger d’énormes dégâts de spirit, tout en s’accrochant à la survie via du soin et un self-res.
- Billy est un brawler mêlée capable de verrouiller même les cibles normalement insaisissables grâce à son ultime.
- Shiv reste l’un des cauchemars de l’équilibrage : dur à tomber, bourré d’outils pour esquiver, se soigner et retarder les dégâts en attendant le timing parfait pour exécuter.
- Warden coche toutes les cases du frontliner classique : il fonce, applique débuffs et contrôles, tank les dégâts et menace toute la zone avec un ultime d’aire intimidant.
Dans les builds, les frontliners priorisent les objets de vitalité : PV, armure, réduction de dégâts, vol de vie. Ils ajustent ensuite en fonction du draft adverse, en ajoutant par exemple des objets spécifiques pour mitiger les gun carries ou les burst de spirit. Un frontliner bien joué rend chaque prise de fight inconfortable pour l’équipe d’en face.
Warden en est un excellent exemple quand il est piloté par un joueur agressif :
Assassins
Les assassins sont les prédateurs de Deadlock. Ils vivent pour les duels, le pick-off et les escarmouches. Beaucoup de mobilité, énormément de burst, mais aussi une marge d’erreur minuscule. Ils dominent surtout le mid game, là où les rotations de lane et les catches dans la jungle font la différence.

- Calico joue l’assassin plongeur dans sa forme la plus pure. Bombes, Leaping Slash, ultimate qui la rend intargetable pour finir une cible jusque sous son Guardian : si elle a un angle, elle saute.
- Vyper est un pur glass cannon à tracking : si elle décide de vous prendre en duel, difficile de s’échapper, tant elle est rapide et capable de viser tout en se déplaçant.
- Drifter est construit de A à Z pour chasser les joueurs isolés, avec un kit qui récompense la traque méthodique.
- Haze se balade à découvert sous invisibilité, pose des sleeps sur les cibles prioritaires, puis les supprime froidement avec son ultime.
Que leurs dégâts viennent du gun, du spirit, du corps-à-corps ou d’un mélange des trois, les assassins ont tous besoin de la même chose : un burst initial suffisant pour effacer une cible avant que la contre-attaque n’arrive. Ils privilégient donc les objets à actifs explosifs ou à conditions, qui leur offrent un pic de puissance très court mais dévastateur.
Support
Le support dans Deadlock n’est pas ce joueur condamné à regarder les autres jouer. Ce sont des héros qui buffent, protègent, perturbent… tout en restant capables d’infliger des dégâts sérieux et de devenir un enfer à gérer si on les ignore.
- Ivy brille dans le support de carry : elle se relie à un allié pour améliorer ses déplacements et sa cadence de tir, puis peut s’envoler avec lui via son ultime, que ce soit pour reset un fight ou lancer une engage aérienne.
- Kelvin est le plus proche du « vrai » support classique : beaucoup de ralentissements, du soin, et un ultime qui coupe un teamfight en deux afin d’offrir un moment de répit.
- Paige fonctionne comme un mage de zone contrôlant le terrain. Elle spamme les AoE et, laissée tranquille, peut en permanence booster un allié avec une barrière offrant un énorme buff de dégâts d’arme.
- Dynamo combine peel, sauvetage et énorme tempo swing avec un ultime capable de retourner tout un combat s’il est bien placé.
Personne n’est obligé de jouer un « pur » support dans Deadlock, mais intégrer des capacités de soutien dans une compo est d’une puissance indiscutable. Grâce à leur flexibilité d’objets, ces héros sont parfaits pour boucher les trous de l’équipe : auras de stats, utilitaires défensifs, ou items spécifiques pour répondre aux héros les plus agaçants en face.
Une méta sans rôles figés
L’absence de rôles officiels dans Deadlock n’est pas un manque, c’est un parti pris de design. Chaque héros est pensé pour rester malléable grâce à une boutique extrêmement riche, qui vous autorise à passer d’un profil à l’autre selon l’état de la partie et les besoins de votre équipe.
Certains Occultistes sont naturellement taillés pour un archétype précis, mais d’autres comme McGinnis ou Viscous peuvent pivoter en cours de route et réinventer leur rôle à la volée. Tant que Valve continue à leur laisser cette marge de manœuvre, Deadlock prouve qu’un jeu d’équipe compétitif n’a pas besoin de verrous rigides pour fonctionner : ce sont les joueurs, leurs builds et leurs calls qui définissent la méta.

